Transmettre un portefeuille d’actions : démarches et fiscalité
Guide des formes juridiques, procédure auprès du teneur de compte, évaluation des titres pour le calcul des droits, obligations déclaratives et sources officiel
Par Thomas Simon 4 septembre 2026 9 min de lecture Mis à jour le 7 septembre 2026
Donner un portefeuille d’actions implique des démarches administratives et fiscales précises. Cette page explique les formes juridiques possibles, la procédure pratique auprès du teneur de compte, l’évaluation des titres pour le calcul des droits et les obligations déclaratives en France, en renvoyant aux sources officielles pour approfondir chaque point.
Pourquoi et quand donner un portefeuille d’actions ?

Plusieurs motifs poussent un détenteur à transmettre un portefeuille d’actions. La donation peut servir à organiser une transmission familiale, à réaliser une avance sur héritage ou à préparer la reprise ou la transmission d’une entreprise familiale. Elle peut aussi répondre à une volonté de répartir des actifs entre héritiers avant un décès.
Le choix de donner plutôt que de vendre peut dépendre de considérations patrimoniales et familiales. Donner modifie la titularité des titres et peut avoir des conséquences fiscales et successorales qui méritent d’être anticipées. Pour les situations complexes, il est recommandé de consulter un professionnel pour vérifier l’adéquation d’une donation au projet patrimonial.
Il faut distinguer les cas simples des transmissions liées à une entreprise ou à des titres non cotés. Pour ces derniers, des règles particulières et des formalités supplémentaires peuvent s’appliquer. Quand la donation concerne des droits d’usufruit ou de nue-propriété, la structure de l’opération et ses effets fiscaux sont différents et justifient un examen spécifique par un conseiller compétent.
Différence entre don manuel et donation notariée (forme juridique)
Le don manuel désigne la remise de biens mobiliers sans acte notarié. Les valeurs mobilières, actions et obligations peuvent relever de cette catégorie. En l’absence d’acte notarié, la donation peut rester opposable si elle est déclarée selon les règles en vigueur.
L’acte notarié offre une sécurité juridique renforcée. Sa rédaction formalise la transmission et permet d’inscrire des clauses particulières si besoin. Certaines transmissions, notamment celles impliquant des biens immobiliers, exigent en revanche un acte notarié. Pour des donations portant sur des transmissions d’entreprise ou des situations comportant des enjeux importants, un acte notarié peut être recommandé.
Le choix entre don manuel et donation notariée pèse entre simplicité et sécurité. Le don manuel peut être rapide à mettre en oeuvre. L’acte notarié coûte et formalise la situation, mais il fournit une preuve écrite et des garanties procédurales. Pour décider, se référer aux règles applicables et, si nécessaire, faire établir un acte par un professionnel habilité.
Étapes pratiques pour transmettre des actions (procédure pas à pas)
La transmission de la propriété des titres s’effectue via un transfert de compte à compte auprès du teneur de compte. Le donateur doit contacter son établissement dépositaire pour lancer l’opération et fournir les références des titres ainsi que les coordonnées du bénéficiaire. Le teneur de compte connaît les procédures concrètes et les pièces requises pour effectuer le virement des titres.
Parmi les pièces que demandent habituellement les teneurs de compte figurent l’identité du donateur et du bénéficiaire, les références précises des titres transférés et un RIB du bénéficiaire si nécessaire pour mettre à jour les données de compte. La fourniture de relevés et d’attestations émises par le teneur de compte facilite le suivi et la preuve de la transmission.
La donation doit ensuite faire l’objet d’une déclaration auprès de l’administration fiscale pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit. Depuis le 1er janvier 2026, les déclarations de dons manuels et de dons de sommes d’argent entre particuliers doivent être réalisées par voie électronique via le téléservice de l’administration fiscale. Dans certains cas, l’intervention d’un notaire intervient pour l’enregistrement si un acte notarié est dressé.
Comment sont évalués les titres pour le calcul des droits ? (cotés et non cotés)
Pour les titres cotés, l’évaluation retenue pour le calcul des droits s’effectue sur la base du dernier cours connu. Concrètement, l’administration retient le cours de clôture de la veille de la donation. Cette règle permet d’obtenir une valeur de référence objective pour l’assiette des droits.
Les titres non cotés sont évalués à la valeur vénale réelle. Leur estimation demande souvent une appréciation documentée de la valeur du titre, en s’appuyant sur des éléments comptables, économiques et comparatifs. Un guide d’évaluation est disponible dans la documentation fiscale et le Bulletin officiel des finances publiques pour orienter cette évaluation.
Il est utile de rassembler des justificatifs au moment de la donation : relevés de compte, attestations du teneur de compte et, le cas échéant, expertises ou documents comptables qui expliquent la méthode retenue pour l’évaluation. Ces pièces facilitent la détermination de l’assiette et la défense d’un positionnement en cas de questionnement administratif.
Fiscalité et droits à prévoir (principes)
Les droits de donation, ou droits de mutation à titre gratuit, sont calculés sur une assiette déterminée selon les règles du Code général des impôts et l’administration fiscale. Les règles spécifiques et les barèmes applicables sont traités par la documentation fiscale et le Bulletin officiel des finances publiques. L’assiette prend en compte la valeur des titres telle qu’évaluée au moment de la donation.
L’imposition des plus-values latentes n’est pas supprimée par la donation : l’imposition des plus-values intervient généralement au moment d’une cession ultérieure par le bénéficiaire. Les règles générales applicables aux plus-values mobilières et aux modalités d’imposition sont décrites par l’administration fiscale et doivent être consultées pour connaître les options et les conséquences fiscales éventuelles.
Pour certains types d’opérations ou de montages, des formalités spécifiques et des régimes particuliers peuvent s’appliquer. Les donations réalisées avec des modalités particulières — réserve d’usufruit, donation-partage, transfert d’actions de société — nécessitent souvent l’intervention d’un notaire ou d’un conseiller fiscal pour déterminer les règles fiscales applicables et leurs conséquences.
Cas particuliers — PEA, titres non cotés, usufruit et nue-propriété
Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) obéit à des règles propres. La transmission de titres détenus dans un PEA donne lieu à des conséquences sur le régime du plan que l’établissement financier et l’administration peuvent préciser. Il est recommandé de vérifier auprès de l’établissement dépositaire et, le cas échéant, d’un conseiller fiscal, les règles applicables au cas particulier.
Pour les titres d’entreprises non cotés, une évaluation détaillée est généralement nécessaire. Les transmissions d’entreprises peuvent relever de règles spécifiques et, selon les cas, d’un régime particulier. Les mécanismes d’allègement ou d’abattement applicables à la transmission d’entreprise font l’objet de règles dédiées et d’outils d’interprétation dans la documentation spécialisée.
La donation avec réserve d’usufruit ou en nue-propriété modifie la valeur taxable et les incidences successorales. Ces montages impliquent des règles propres de valorisation et de taxation. Dans ce cadre, le recours à un notaire permet d’établir les actes nécessaires et d’éclairer les conséquences fiscales et successorales.
Pièces à préparer et checklist pratique (pour le donateur)
Avant d’engager la donation, il convient de rassembler les documents que le teneur de compte et l’administration peuvent demander. Les éléments factuels utiles incluent les références précises des titres (identifiants et libellés), des relevés de compte récents, des pièces d’identité du donateur et du bénéficiaire, ainsi que les coordonnées bancaires du bénéficiaire si demandées.
Il est utile d’obtenir une attestation du teneur de compte confirmant la détention et la nature des titres. Ces documents facilitent l’opération de transfert et la justification de la valeur retenue. Si un acte notarié est envisagé, prévoir en plus les documents requis par le notaire pour établir la rédaction de l’acte.
Au plan fiscal, préparer les éléments nécessaires à la déclaration via le téléservice de l’administration fiscale : informations sur le donateur et le bénéficiaire, description des titres et justificatifs d’évaluation. Conserver des copies de toutes les pièces transmises permet de répondre à d’éventuelles demandes de l’administration ultérieurement.
Après la donation : démarches du bénéficiaire et bonnes pratiques
Après réception des titres, le bénéficiaire doit enregistrer la donation auprès du service compétent de l’administration fiscale lorsque la déclaration est requise. Il doit conserver toutes les preuves du transfert, notamment les relevés de compte et les attestations du teneur de compte, ainsi que la preuve de la valeur retenue le jour de la donation.
Si le bénéficiaire choisit ultérieurement de céder les titres, les règles générales relatives aux plus-values mobilières s’appliqueront au moment de la cession. Disposer de la documentation qui constate la valeur de référence retenue lors de la donation est un élément utile pour le calcul futur des plus-values et pour la justification devant l’administration.
Conserver une trace chronologique des échanges avec le teneur de compte et des déclarations effectuées auprès de l’administration constitue une bonne pratique. Cela facilite le suivi et répond aux exigences de preuve en cas de contrôle ou de demande d’information.
Quand consulter un notaire ou un conseiller fiscal ?
Il est conseillé de solliciter l’avis d’un notaire ou d’un conseiller fiscal pour les situations présentant une complexité particulière : titres non cotés, donations impliquant une entreprise, opérations mêlant usufruit et nue-propriété, contestations familiales ou volonté de sécuriser juridiquement la transmission.
Le recours à un professionnel permet d’identifier les formalités nécessaires, d’établir les actes éventuels et d’anticiper les conséquences fiscales et successorales. Le notaire maîtrise par ailleurs les aspects d’enregistrement et la rédaction des actes authentiques si ceux-ci sont nécessaires au projet.
Ressources officielles et liens utiles
Pour approfondir chaque point et accéder aux textes et aux services officiels mentionnés, consultez les pages suivantes :
- https://www.impots.gouv.fr/particulier/don-manuel — consulté le 04/09/2026
- https://www.impots.gouv.fr/particulier/jinvestis-en-valeurs-mobilieres — consulté le 04/09/2026
- https://bofip.impots.gouv.fr/export/pdf/4588 — consulté le 04/09/2026
- https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36026?lang=fr — consulté le 04/09/2026
- https://www.notaires.fr/fr/donation — consulté le 04/09/2026
- https://www.notaires.fr/fr/comment-est-imposee-une-donation — consulté le 04/09/2026
- https://www.impots.gouv.fr/node/25316 — consulté le 04/09/2026
- https://53-briand-montrouge.notaires.fr/media/download/be60b6a8c8870c3f0681a2c8331e47210f914987 — consulté le 04/09/2026

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